Deux étoiles, deux génies, deux époques
Vingt ans exactement séparent les deux seules victoires de la France en Coupe du Monde. 1998 et 2018. Deux époques, deux styles, deux générations qui n'ont presque aucun joueur en commun. Et pourtant, deux fois le même résultat : la coupe soulevée, les Champs-Élysées envahis, un pays qui ne dort pas.
En 1998, la France joue à domicile. La pression est immense. L'équipe d'Aimé Jacquet est technique, collective, difficile à déséquilibrer. En finale, le Brésil de Ronaldo, grand favori du tournoi, s'effondre face à un Zidane inspiré comme jamais : deux buts de la tête avant la mi-temps, dans un Stade de France qui retient son souffle. Emmanuel Petit ajoute le troisième en fin de match. 3-0. Ce soir-là, un million de personnes envahissent les Champs-Élysées. Ce qu'on oublie souvent : en marquant ce troisième but, Petit inscrivait très exactement le 1000e but de l'histoire des Bleus. Un millième but, en finale de Coupe du Monde, à domicile. Le scénario paraît inventé.
En 2018, tout est différent. L'équipe de Didier Deschamps joue en Russie, dans un registre plus direct, plus vertical, porté par la vitesse déroutante d'un Kylian Mbappé qui a 19 ans à peine. En finale contre la Croatie, les Bleus encaissent un but, remontent, mènent, voient l'écart se réduire, s'imposent finalement 4-2 dans un match haletant. Ce jour-là, Mbappé devient le deuxième joueur après Pelé à marquer en finale de Coupe du Monde avant ses 20 ans. Un record qui attendait depuis 1958.
Ce qui rend ce doublé unique dans l'histoire du football mondial, c'est qu'il repose sur deux vestiaires entièrement différents. Au total, 45 joueurs portent ces deux étoiles : 22 champions en 1998, 23 en 2018. Deux âmes, deux identités. Et une seule constante : Didier Deschamps, capitaine en 1998 et sélectionneur en 2018, seul homme au monde à avoir soulevé la Coupe du Monde dans les deux rôles.
Cette année, les Bleus arrivent en Amérique du Nord avec une troisième génération. La France entre en lice le 16 juin à New York, face au Sénégal. Une troisième étoile est dans tous les esprits.
Two stars, two geniuses, two eras
Exactly twenty years separate France's only two World Cup victories: 1998 and 2018. Two eras, two styles, two generations sharing almost no players in common. And yet, the same result both times: the trophy lifted, the Champs-Élysées packed with crowds, and a nation that didn't sleep.
In 1998, France played on home soil. The pressure was immense. Aimé Jacquet’s team was technically gifted, played cohesively, and was hard to break down. In the final, Ronaldo’s Brazil—the tournament’s heavy favorites—collapsed against a Zidane who was inspired like never before: two headers before halftime, with the Stade de France holding its breath. Emmanuel Petit added the third goal late in the match. 3–0. That night, a million people flooded the Champs-Élysées. What is often forgotten is that, by scoring that third goal, Petit netted the 1,000th goal in the history of *Les Bleus*. A thousandth goal, in a World Cup final, on home turf. It was a scenario that seemed like fiction.
In 2018, everything was different. Didier Deschamps’ team played in Russia with a more direct, vertical style, driven by the dazzling speed of a barely 19-year-old Kylian Mbappé. In the final against Croatia, *Les Bleus* conceded a goal, fought back to take the lead, saw the gap narrow, and ultimately triumphed 4–2 in a thrilling match. That day, Mbappé became the second player after Pelé to score in a World Cup final before the age of 20—a record that had stood since 1958.
What makes this double triumph unique in the history of world football is that it was built upon two entirely different squads. In total, 45 players wear those two stars: 22 champions in 1998 and 23 in 2018. Two souls, two identities. And one constant: Didier Deschamps—captain in 1998 and head coach in 2018—the only man in the world to have lifted the World Cup in both roles.
This year, *Les Bleus* arrive in North America with a third generation. France kicks off its campaign on June 16 in New York against
Senegal. A third star is on everyone's mind.
Design by Monsieur Graphic | Powered by Oncord
